Les Fonds Souverains

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Chine - China Investment Corporation


En septembre 2007, Pékin annonce la création d’une société d’État d’investissement, c’est-à-dire un fonds souverain, nommée China Investment Corporation
[1]. Celui-ci est qualifié de société de placement de réserves, il est chargé de gérer les réserves de devises étrangères de la République Populaire de Chine[2]. Cette réserve de change est la plus importante au monde, elle est évaluée à 1 695 milliards de dollars pour la République Populaire de Chine.

Le fonds souverain de la Chine est donc chargé de gérer 200 milliards de dollars d’actifs afin d’obtenir des bénéfices pour l’État. Son model de gestion est basé sur celui du fonds singapourien, le Temasek Holdings. Le fonds chinois s’est constitué à partir de l’excédent commercial de la Chine, qui est de 262 milliards de dollars[3] en 2007, dont les principaux clients sont les Etats-Unis, l’Union Européenne, Hong Kong et le Japon. La Chine est devenue en quelques années une puissance économique et financière, et veut aussi son propre fonds souverain.

 


Le fonds China Investment Corporation est responsable, depuis sa création, de la gestion de la State Administration of Foreign Exchange
[4], qui est une administration chargée de gérer le marché de change et les réserves de change de la Chine. Cette entité dépend donc directement du fonds souverain China Investment Corporation. De plus, la Central Huijin Investment Company, fonds d’investissement du gouvernement chinois, a été acquise par la State Administration of Foreign Exchange. Donc ce fonds dépend aussi du China Investment Corporation.

 

Les objectifs officiels[5] de China Investment Corporation sont d’investir dans les grandes institutions financières de la Chine, et de réaliser des investissements étrangers les marchés financiers traditionnels  et dans des actifs alternatifs.

 

En décembre 2007, le fonds souverain chinois investit 5 milliards de dollars[6] dans le capital de la banque Morgan Stanley, qui doit réaliser une augmentation de capital suite à la crise des subprimes. La banque est obligée de négocier l’opération sous forme d’obligation convertible en actions de Morgan Stanley dans un délai de deux ans. Ces obligations sont rémunérées au taux de 9%, ce qui est élevé par rapport à la normale, mais la banque n’avait pas le choix. Le fonds China Investment Corporation possèdera donc une participation de 9,9% du capital de Morgan Stanley. Selon le fonds, « CIC pense que Morgan Stanley dispose d’un potentiel de croissance à long terme[7] ». Pour l’instant, le fonds chinois n’a pas de membres de son équipe au conseil d’administration de la banque, et n’en souhaite pas encore. Cette opération permet de consolider les fonds propres de Morgan Stanley, qui est affaiblie par la crise des subprimes.

 

En mai 2007, la Central Huijin Investment Company investit 3 milliards de dollars[8] dans Blackstone, un fonds d’investissement américain, soit une participation de 9,7% du capital de Blackstone. La Chine, via son fonds souverain possède aujourd’hui une participation importante dans l’un des plus grands fonds d’investissement, dont les actifs gérés sont de 30 milliards de dollars[9].

 

Le jeudi 3 avril 2008, la compagnie pétrolière française Total annonce que la State Administration of Foreign Exchange prend une participation de 1,6% de son capital[10], soit l’équivalent de 2,8 milliards de dollars[11]. Le fonds chinois CIC souhaite acquérir des participations importantes dans des multinationales.



[1] CIC

[2] Chine Continentale + Hong Kong et Macao

[3] Ministère des Affaires Etrangères et Européennes

[4] SAFE

[5] www.cic-recruit.cn

[6] Le Figaro (jeudi 20 décembre 2007)

[7] Le Figaro (jeudi 20 décembre 2007)

[8] L’Expansion.com (21 mai 2007)

[9] L’Expansion.com (21 mai 2007)

[10] Financial Times (vendredi 4 avril 2008)

[11] Financial Times (vendredi 4 avril 2008)

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